Stadt: Clermont-Ferrand (Frankreich)

Frist: 2019-11-05

Beginn: 2020-01-01

Ende: 2022-12-31

Gehalt: environ 1758 € brut (décret du 29 août 2016)

Stellenumfang: volle Doktorandenstelle

Appel à candidature Contrat doctoral à l’’Université Clermont Auvergne / Laboratoire de Recherche sur le Langage (EA 999) et École octorale LSHS (370)

Titre du projet de thèse :__
Communication interlinguistique et interculturelle dans des situations de risques naturels : questionnements traductologiques et sémiotiques.
Ce projet de thèse s’inscrit dans le cadre du projet CLOUDBURST de dictionnaire sur les risques naturels. La thèse sera dirigée par Friederike SPITZL-DUPIC et Michaël GRÉGOIRE ; le ou la doctorant-e sera rattaché-e au LRL (EA 999) et à l’Ecole Doctorale LSHS de l’Université Clermont Auvergne.
Le projet de dictionnaire sur les risques naturels Les risques naturels sont présents depuis que l’humanité existe : ils sont habituellement classés par environnements, par éléments, par phénomènes, par événements ou encore par thématiques. Toutes ces classifications se font en règle générale dans la langue des classificateurs et selon le contexte culturel et socio-politique. En effet, l‘expression linguistique (au sens large : nomenclature, langues de spécialité, phraséologies, collocations) utilisée relève de leurs langues maternelles respectives. Pour décrire un risque naturel observé, subi, attendu ou craint, les acteurs, les publics, les décideurs et responsables administratifs et politiques concernés ont donc recours à des univers linguistiques et culturels différents. Un projet de publication en cours vise à enrichir les travaux existants sur la gestion et la communication du risque. Son objectif est de construire une base de données sémantique multilingue sous la forme d’un dictionnaire. Cet outil novateur sera le fruit d’une collaboration entre géologues, linguistes, et civilisationnistes. Accessible en quatre langues (anglais, français, espagnol, allemand), il aura pour objectif de permettre une meilleure compréhension des termes-clés dans des situations d’urgence provoquées par une catastrophe naturelle. Sur le plan (inter)linguistique, il s’agit donc de proposer des solutions adéquates pour faciliter et améliorer la circulation de l’information.
Le dictionnaire et la base de données sur laquelle il reposera seront destinés, d’une part, aux individus et au grand public et, d’autre part, aux ULG (Unité locale de gouvernance) / LGU (Local Government Units) et à tous les autres acteurs responsables de la prise en charge des catastrophes naturelles (scientifiques, sécurité / défense / protection civile, administrations nationales et internationales). En retraçant l’origine des mots ainsi que leurs significations dans différentes langues, régions et contextes, un travail sémantique de grande envergure sera réalisé.
Les termes principaux seront répertoriés non seulement au niveau lexical (glossaire d’équivalences terminologiques) mais aussi au niveau sémantique (définitions, commentaires). Le volet textuel aura donc une dimension à la fois linguistique et interculturelle : il visera à fournir pour chacune des entrées (en langue anglaise) des traductions dans les trois autres langues de travail (le français, l’espagnol et l’allemand), une définition et une notice éclairant la signification (inter)culturelle. La constitution de la base lexicologique et phraséologique sera accompagnée d’une classification de symboles associés aux mots, afin d’effectuer dans le mêmetemps un travail de visualisation graphique. Il s’agit de « #geomojis » (geoscience emojis). Étant donné qu’ils décrivent iconographiquement, et de manière claire et concrète, un phénomène donné, ils sont un outil complémentaire intéressant pour assurer la communication interlinguistique et interculturelle sans besoin de traduction (cf.
http://lrl.uca.fr/article372.html et http://comsos.univ-bpclermont.fr/article355.html).

Descriptif du projet de thèse :__
La communication interlinguistique et interculturelle des risques naturels est un champ de recherche interdisciplinaire en pleine mutation qui nécessite la mobilisation de ressources nouvelles. Dans une étude récente, une équipe internationale a signalé un besoin croissant d’outils plurilingues dans le domaine de la gestion et de la communication du risque. La construction de la base de données sémantique en ligne mentionnée, puis la publication du dictionnaire multilingue des risques naturels catastrophiques permettra de répondre à ce besoin. Or, un tel outil doit reposer sur des recherches théoriques et appliquées, des investigations surcorpus (big data, existant dans les langues visées), y inclus multimodaux pour identifier les (non-)correspondances conceptuelles et sémiotiques au sens large : terminologiques, phraséologiques, iconographiques et symboliques (par ex. geomojis, sémiotique gestuelle) entre les idiomes des aires linguistiques impliquées.
Le ou la doctorant-e sera donc chargé-e de constituer des corpus relevant des situations de risques et de catastrophes naturelles, mais également d’élaborer un cadre théorique permettant d’englober les différentes données. Il s’agira notamment d’analyser l’impact des contextes de production et de réception linguistiques, culturels et situationnels ainsi que d’articuler les aspects du langage verbal et du langage non verbal. Il/elle examinera les problèmes traductologiques et interculturels pouvant se poser en situation de catastrophe naturelle. Des approches à la fois diatopique et diachronique devront par ailleurs être adoptées de manière complémentaire afin d’expliquer ces problèmes. Les investigations sur le terrain (en Amérique Latine et en Asie, par exemple) devront permettre, du reste, d’identifier les variantes linguistiques et sémiotiques pour un même risque naturel en fonction des aires linguistiques. Il sera tout aussi utile de compléter ce travail de recherches textuelles et graphiques par des enquêtes via des questionnaires (approche quantitative). De la même manière, la réalisation
d’entretiens semi-directifs (approche qualitative) au sein des différentes communautés de chercheurs et d’experts de la thématique pourrait permettre de croiser les données des corpus avec des renseignements sur les emplois techniques et spécialisés. L’un des objets de cette thèse sera donc d’enrichir le corpus de ressources textuelles et visuelles du dictionnaire des risques naturels en proposant des équivalences supplémentaires, des synonymes, des variations d’emplois, des mises en contexte spécifiques, en évaluant précisément les fréquences d’emploi ou encore en détectant les absences de traduction, par exemple. Un autre objet sera de prendre en charge les aspects inter)culturels en lien avec les termes les plus employés dans des situations de risques naturels (contexte, perception, stéréotypes, connotations positives / négatives, discours, mythes, tabous, constructions identitaires).
Pour mener à bien ce chantier complexe, le / la doctorant-e bénéficiera du soutien d’un réseau local, national et international de chercheurs. Au premier plan, pourront apporter leur expertise les autres coordinateurs du double processus de rédaction et de traduction du dictionnaire des risques naturels : Andrew HARRIS (Laboratoire Magma & Volcans), Dana MARTIN (Laboratoire Communication & Sociétés), Benjamin VAN WYK DE VRIES (Laboratoire Magma & Volcans). Nous pensons également aux universitaires associés au projet UNESCO «géosciences (Geohéritage pour la Résilience) », qui sera aussi l’un des viviers d’experts mobilisables en tant qu’auteurs, traducteurs et relecteurs / évaluateurs du dictionnaire des risques naturels.

Profil recherché__
Le / la doctorant-e devra maîtriser prioritairement l’anglais, l’espagnol et le français. L’anglais permettra d’entretenir des relations avec les membres du projet Cloudburst à l’international. L’espagnol, langue parlée dans de nombreux pays concernés par les risques naturels, se
caractérise par une grande variété linguistique selon les aires hispanophones. Quant au français, ce sera la langue de travail dans les laboratoires locaux. La langue de rédaction de la thèse sera le français ou l’anglais. Enfin, le / la doctorant-e devra s’initier aux méthodes géologiques afin d’acquérir les connaissances nécessaires à l’élaboration du corpus spécialisé et de construire un travail collaboratif avec les chercheurs en géologie / vulcanologie.

Durée de l’allocation : 36 mois – date de recrutement souhaitée : janvier 2020
Recrutement : début décembre 2019

Le dossier de candidature doit parvenir, avant le 5 novembre, à
• Friederike Spitzl-Dupic : friederike.spitzl-dupic@uca.fr
• Michaël Grégoire : michael.gregoire@uca.fr
• l’École Doctorale LSHS : edlshs.drv@uca.fr
Ce dossier doit comporter :
- un CV ;
- une lettre de motivation (2 pages maximum) ;
- les relevés de notes de Master 1 et Master 2 ;
- un résumé des travaux antérieurs / le mémoire de Master 2
Après examen des dossiers, les candidat-e-s les plus en adéquation avec le profil seront convoqué-e-s pour une audition en décembre à Clermont-Ferrand (une visio-conférence est envisageable).

Rémunération : environ 1758 € brut (décret du 29 août 2016)

Beitrag von: Gerda Haßler

Redaktion: Christoph Behrens