CfP - Journée d'étude "Déplacements et engagements/Bewegtes Engagement" an der Université Grenoble Alpes am 26. Oktober 2026
Stadt: Grenoble
Frist: 2026-06-07
Beginn: 2026-10-16
Ende: 2026-10-16
Appel à communications
Déplacements et engagements – circulations, médias, postures (XVIIIe – XXIe siècle)
Perspectives franco-allemandes sur les reconfigurations de l’écriture engagée
CERAAC (ILCEA4), Université Grenoble Alpes, le 16 octobre 2026
(Vous trouverez la version allemande ci-dessous)
Emmanuel Kant constitue l’exception qui confirme la règle : le philosophe de Königsberg ne s’éloigne pratiquement jamais de sa ville natale. Il y naît, y travaille et y meurt. Dans l’histoire culturelle et littéraire, il est l’un des rares exemples d’un homme de lettres demeuré dans sa région d’origine. Auteur prolifique appelant ses lecteurs à prendre leur destin en main pour sortir de l’hétéronomie, il peut être considéré comme un auteur engagé au service de certaines valeurs : autonomie, morale, universalité. Or, si la pensée de Kant est ancrée dans un espace géographique précis, l’engagement des hommes de lettres, à son époque, repose essentiellement sur des formes de circulation transnationales entre Venise, Saint-Pétersbourg et d’autres capitales des Lumières européennes, via les voyages, les correspondances et les réseaux éditoriaux. Ces formes de mobilité choisies peuvent nourrir une écriture engagée, que l’on retrouve aussi lors de déplacements subis, par exemple dans les écrits de Heinrich Heine, qui entame la rédaction de son poème satirique Deutschland. Ein Wintermärchen à l’occasion de son voyage de Paris à Hambourg, avant de regagner sa ville d’exil. On peut également évoquer l’exil de figures fondatrices du communisme, Karl Marx et Friedrich Engels : ils ne se rencontrent pas en Allemagne, mais à Paris, et continuent leur œuvre commune à Bruxelles, puis à Londres. Die Lage der arbeitenden Klasse in England de Friedrich Engels témoigne d’ailleurs à quel point le séjour outre-Manche constitue un moment-clé de son parcours intellectuel.
Au XXe siècle, les actes de résistance de la Weiße Rose sont le fruit d’autres formes de déplacements, liés à la guerre entre l’Allemagne nazie et l’URSS. Les premiers tracts, rédigés à l’été 1942, reposent sur les expériences de Hans Scholl et Alexander Schmorell au front et dans les hôpitaux militaires, confrontés aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Dans l’histoire allemande d’après-guerre, la question du déplacement – ou de son impossibilité – est au cœur de l’État est-allemand. Ainsi se font jour de nouveaux liens entre déplacement et « exil », terme utilisé par le compositeur Wolf Biermann pour qualifier son expulsion vers l’Allemagne de l’Ouest après sa déchéance de nationalité en RDA. Dans une Allemagne réunifiée, de nombreux et de nombreuses artistes portent un regard critique et souvent engagé sur les politiques migratoires de l’État allemand, depuis les premiers traités conclus dans le cadre du « travail invité » jusqu’aux mouvements migratoires des années 2010 et 2020. Parmi ceux-ci, Fatih Akın et Saša Stanišić, réalisateur germano-turc et écrivain germano-bosniaque, s’insurgent contre la « fétichisation » de leur origine et interrogent la notion d’identité nationale (cf. Ruhe & Wortmann 2022, 1). À l’ère des plateformes numériques, l’engagement se rejoue aussi dans des espaces numériques transnationaux – réseaux sociaux, communautés de lecture en ligne (par ex. BookTok) – où formats courts, algorithmes de visibilité et économies de l’attention reconfigurent à la fois la prise de parole publique, la médiation des œuvres et la figure même de « l’auteur engagé » (cf. Gefen 2010 et Sporer 2019).
En un mot, l’engagement et le déplacement vont souvent de pair : les déplacements peuvent être à l’origine d’un engagement (exil, voyage), en transformer les modalités et faire évoluer la figure de l’auteur engagé ainsi que l’espace de la prise de parole engagée. À l’heure où les déplacements forcés atteignent des niveaux inédits(1) et où les espaces numériques structurent de nouvelles formes de prise de parole, la relation entre déplacement et engagement se trouve profondément reconfigurée. C’est cette relation, à la fois féconde et plurielle, que nous souhaitons explorer pendant cette journée d’étude, en la considérant moins comme un simple détail biographique que comme un point de départ pour penser l’articulation entre engagement, espace public et circulations, temporelles comme géographiques.
Les notions que nous proposons d’analyser sont définies de manière large. Ainsi, l’écriture ne se limite pas à la littérature, mais inclut également les écrits philosophiques, journalistiques ou artistiques, tout en prenant en compte les réécritures performatives que constituent les adaptations d’une œuvre littéraire pour la radio, le théâtre ou le cinéma. De même, le déplacement recouvre différentes formes de mobilité, qui, si elles se distinguent par différents aspects, font l’objet de discours imbriqués (à ce sujet, cf. Bannasch, Bischoff & Dogramaci 2022), ce qui amène à repenser ces catégorisations dans une perspective interdisciplinaire et comparative. L’engagement, quant à lui, peut être de nature diverse : politique, sociale, écologique, féministe, éthique, esthétique, etc. Notre définition de ce terme se veut volontairement ouverte, afin d’en questionner les modalités et les significations, comme le proposent Lubkoll et al. (2019), sans présupposer d’emblée un seul modèle d’« auteur engagé ».
Si ce concept est, en France, particulièrement associé à Jean-Paul Sartre (cf. Benoît 2000, 17) et à son époque, nous adoptons ici une perspective plus large et, par conséquent, non limitée à une époque historique ou à un cadre géographique, afin de mieux saisir les circulations historiques et transnationales, ainsi que les éventuelles resémantisations de cette notion. D’après Denis Benoît, une telle acception de l’engagement implique la défense de « valeurs universelles » et, généralement, l’opposition aux pouvoirs dominants au moment même de l’énonciation. L’engagement, tout comme le déplacement, constituent ainsi une dimension structurante de toute écriture – au sens où ils engagent des choix de forme, de situation d’énonciation et de destinataire. Il s’agit ici d’interroger leur rôle dans le développement d’une esthétique, et ainsi de questionner les liens entre esthétique et politique dans leur longue durée, et dans un cadre franco-allemand. Notre journée d’étude souhaite « remonter dans le temps et examiner de quelle façon des écrivains [et des écrivaines] ou des hommes [et des femmes] de lettres ont voulu développer une conception et une pratique "engagées” » (cf. Benoît 2000, 17-19).
Toutes les propositions qui s’inscrivent dans cette trame seront les bienvenues. À titre indicatif, nous proposons néanmoins trois axes de réflexion.
I. Déplacements spatiaux
Cet axe invite à penser ensemble la mobilité et ses contrepoints : l’ancrage, la frontière, l’empêchement de circuler, mais aussi les échelles (locales, impériales, transnationales) dans lesquelles s’inscrit une prise de parole. Des contributions pourraient ainsi étudier, entre autres, l’importance du Grand Tour dans les développements philosophiques des Lumières ou encore l’impact de l’exil sur la résistance au national-socialisme (voir notamment la collection Exilpresse réunie par la Deutsche Nationalbibliothek), à la dictature du SED en RDA ou au Ständestaat en Autriche. On pourra également s’intéresser aux solidarités transnationales, passées ou contemporaines, telles que les mouvements contestataires de Mai 68 ou, plus récemment, la lutte contre le changement climatique, en prêtant attention aux conditions matérielles et institutionnelles qui rendent ces circulations possibles ou impossibles.
II. Déplacements médiatiques et esthétiques
Dans cette perspective, des contributions pourraient analyser le passage de l’engagement d’un média à un autre : dans quelle mesure les codes propres à la presse écrite, à la radio, aux réseaux sociaux, aux blogs ou à la bande dessinée influencent-ils l’écriture engagée ? Inversement, existe-t-il des médias qui se prêtent davantage à certaines formes d’engagement que d’autres ? Il conviendra également d’évoquer la dimension engagée des pratiques interartistiques : l’association créative de l’écriture, de l’image et du son facilite-t-elle la transmission d’un message ou en transforme-t-elle la portée, le rythme, l’adresse ? Enfin, il sera pertinent d’interroger l’évolution des postures publiques des auteurs au fil des siècles : comment se transforme la voix civique et médiatique, quels dispositifs (scène, tribune, plateforme, institution culturelle) reconfigurent la figure de l’auteur engagé ? On pourra considérer les « espaces numériques » comme des lieux de circulation à part entière – où la visibilité, l’adresse et la temporalité de l’énonciation font naître de nouvelles figures de l’engagement.
III. Déplacements intellectuels
L’écriture engagée n’est pas seulement liée au déplacement ; elle constitue elle-même un déplacement, dans la mesure où elle vise à transformer un statu quo jugé insatisfaisant. Des contributions pourraient ainsi examiner dans quelle mesure l’écriture engagée relève d’une écriture protestataire ou analyser les discours, les cadres et les institutions que les auteurs engagés cherchent à faire évoluer, ainsi que les objectifs qu’ils poursuivent. Parfois, notamment aux XVIIIe et XIXe siècles, les écrivains engagés sont contraints de déplacer leur critique afin d’échapper à la censure. On pourra dès lors étudier les stratégies consistant à transposer un problème dénoncé dans une contrée lointaine, ou à en détourner les signes par différents procédés, notamment l’ironie ou l’allégorie. Par ailleurs, il sera possible de s’intéresser aux réseaux de diffusion et de solidarité – revues d’exil, cercles intellectuels ou espace numérique – qui permettent aux auteurs engagés de reconfigurer leurs pratiques. Enfin, on pourra se demander dans quelle mesure l’engagement déplace l’écrivain lui-même : comment l’expression individuelle se transforme-t-elle en responsabilité publique et, partant, politique, et comment ce passage redéfinit-il la notion même d’« engagement » ?
La journée d’étude, organisée avec le soutien du CERAAC (ILCEA4), est ouverte aux communications présentées en allemand et en français. La durée des communications est de 20 minutes, suivies d’une discussion de 10 minutes. Nous invitons toutes les collègues et tous les collègues dont les recherches en littérature, en littérature comparée, en civilisation, en histoire culturelle ou en histoire des idées portent, directement ou indirectement, sur les espaces germanophone et francophone, à soumettre une proposition. Les propositions émanant de doctorant·e·s et de jeunes chercheur·euse·s sont particulièrement bienvenues.
Les propositions de communication (500 mots maximum, hors bibliographie), et une brève notice bio-bibliographique sont à envoyer par courrier électronique aux adresses suivantes avant le 7 juin 2026 :
- Alice Lacoue-Labarthe, CERAAC (alice.lacouelabarthe@univ-grenoble-alpes.fr)
- David D. Reitsam, CERAAC (david-dominik.reitsam@univ-grenoble-alpes.fr).
En espérant vous voir à Grenoble en octobre 2026,
Bien cordialement
Alice LACOUE-LABARTHE, Juliette RUPP et David D. REITSAM
Quelques éléments bibliographiques
Amblard, Marion et Montègre, Gilles (dir.), S’affranchir du Grand Tour. Les voyageurs européens à la découverte de l’Europe (fin XVIe siècle – milieu XIXe siècle), Paris, Éditions Le Manuscrits 2025.
Bannasch, Bettina, Erinnern und Erzählen. Der Spanische Bürgerkrieg in der deutschen und spanischen Literatur und in den Bildmedien, Tübingen, Narr, 2005.
Bannasch, Bettina et Rochus, Gerhild (dir.), Handbuch der deutschsprachigen Exilliteratur. Von Heinrich Heine bis Herta Müller, Berlin/Boston, De Gruyter, 2013.
Bannasch, Bettina, Bischoff, Doerte et Dogramaci, Burcu (dir.), Exil, Flucht, Migration. Konfligierende Begriffe, vernetzte Diskurse? (Exilforschung, Bd. 40/2022), Berlin/Boston, De Gruyter, 2022.
Barthes, Roland, Essais critiques, Paris, Seuil, 1981.
Becker, Sabina et Bauer, Fabian (dir.), Weimar im Exil, Die Kultur der Republik am Pazifik, Munich, edition text + kritik, 2021.
Benay, Jeanne et Lajarrige, Jacques, Littérature de voyage. Regards autrichiens sur le monde, Austriaca n°62 (2006).
Benoît, Denis, Littérature et engagement de Pascal à Sartre, Paris, Seuil, 2000.
Betz, Albrecht, Exil und Engagement. Deutsche Schriftsteller im Frankreich der dreißiger Jahre, München, edition text + kritik, 1986.
Bosch, Aida et Kley, Antje (dir.), Literatur und mediale Öffentlichkeiten. Orientierende Fallstudien, Berlin/Heidelberg, J.B. Metzler, 2025.
Brecht, Bertolt, Fünf Schwierigkeiten beim Schreiben der Wahrheit, in ibid.: Werke. Band 22. Schriften 2, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, 1993, p. 74-89.
Brokoff, Jürgen, Geitner, Ursula et Stüssel, Kerstin (dir.), Engagement: Konzepte von Gegenwart und Gegenwartsliteratur, Göttingen, V&R Unipress, 2016.
Bolbecher, Siglinde et Kaiser, Konstantin (dir.), Lexikon der österreichischen Exilliteratur, Vienne et Munich, Deuticke, 2000.
Doll, Jürgen (dir.), Jean Améry (1912-1978). De l’expérience des camps à l’écriture engagée, Paris, L’Harmattan, 2006.
Durand-Le Guern, Isabelle (dir.), Roman et politique. Que peut la littérature ?, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011.
Eke, Norbert Otto (dir.), Vormärz und Exil, Vormärz im Exil, Bielefeld, Aisthesis, 2005.
Ernst, Thomas, Literatur und Subversion. Politisches Schreiben in der Gegenwart, Bielefeld, transcript, 2014.
Gefen, Alexandre, « Ce que les réseaux font à la littérature. Réseaux sociaux, microblogging et création », Itinéraires. Littérature, textes, cultures, 2010-2, 2010, p. 155–166 (doi: 10.4000/itineraires.2065).
Hoock-Demarle, Marie-Claire, Bertha von Suttner 1843-1914. Amazone de la paix, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2014.
Israel, Jonathan I., Radical Enlightenment. Philosophy and the making of modernity 1650-1750, Oxford University Press, 2001.
Jacob, Margaret C., The Radical Enlightenment. Pantheists, Freemasons and Republicans, London (et autres), Allen & Unwin, 1981.
Leibetseder, Mathis, Die Kavalierstour. Adlige Erziehungsreisen im 17. und 18. Jahrhundert, Cologne, Böhlau (et autres), 2004.
Lubkoll, Christine, Illi, Manuel et Hampel, Anna (dir.), Politische Literatur. Begriffe, Debatten, Aktualität, Stuttgart, J.B. Metzler, 2019.
Meizoz, Jérôme, Postures littéraires. Mises en scène modernes de l’auteur, Genève, Slatkine Érudition, 2007.
Oster-Stierle, Patricia et al. (dir.), Europe en mouvement (tome 1). À la croisée des cultures, Paris, Hermann, 2018.
Ruhe, Cornelia et Wortmann, Thomas, “Jenseits des Bindestrichs”, Die Filme Fatih Akıns_. Leiden, Pays-Bas, Brill Fink, 2022, https://doi-1org-1vwuexuzr0582.erf.sbb.spk-berlin.de/10.30965/9783846766545002 Web.
Sapiro, Gisèle, Les écrivains et la politique en France. De l’Affaire Dreyfus à la guerre d’Algérie, Paris, Seuil, 2018.
Sartre, Jean-Paul, Qu’est-ce que la littérature ?, Paris, Gallimard, 1985 (1948).
Sporer, Elisabeth, Inszenierung von Autorinnen und Autoren im Internet am Beispiel von Autorenhomepages, Baden-Baden, Tectum Wissenschaftsverlag, 2019.
Union européenne (dir.), Louise Weiss : Itinéraire d’une Européenne, Luxembourg, Office des publications de l’Union européenne, 2022.
Notes de bas de page
(1) Selon l’UNO-Flüchtlingshilfe, le partenaire allemand de l’HCNUR, le nombre de réfugiés a atteint son niveau culminant en 2024 avant de baisser légèrement début 2025 tout en restant à niveau élevé, voir https://www.uno-fluechtlingshilfe.de/informieren/fluechtlingszahlen, consulté le 31 mars 2026.
Call for Papers
Bewegtes Engagement – Zirkulation, Medien und Stellung beziehen (18. – 21. Jahrhundert)(2)
Ein deutsch-französischer Blick auf engagiertes Schreiben im Wandel
CERAAC (ILCEA4), Université Grenoble Alpes, 16. Oktober 2026
Immanuel Kant ist die Ausnahme, die die Regel bestätigt: der Philosoph aus Königsberg verbrachte sein ganzes Leben in seiner Heimatstadt. Dort wurde er geboren, dort arbeitete er und dort starb er. In der Kultur- und Literaturgeschichte ist er eines der seltenen Beispiele eines Gelehrten, der seine Heimat nie verließ. In seinen zahlreichen Texten rief er seine Leser dazu auf, ihr Schicksal selbst in die Hand zu nehmen, um der Unmündigkeit zu entkommen. Daher kann er als engagierter Autor betrachtet werden, der sich für Werte wie Selbstbestimmung, Moral und Universalität einsetzte. Obwohl Kants Denken in einem konkreten geographischen Raum verankert ist, beruhte das Engagement der Gelehrten seiner Zeit wesentlich auf Reisen, Korrespondenzen und gelehrten Netzwerken, also Formen der grenzüberschreitenden Zirkulation, die Zentren der europäischen Aufklärung, wie Venedig oder Sankt Petersburg, miteinander verbanden. Diese Formen freiwilliger Mobilität können ein engagiertes Schreiben nähren, das sich auch bei erzwungenen Ortswechseln wiederfindet, etwa in den Schriften von Heinrich Heine, der sein satirisches Gedicht Deutschland. Ein Wintermärchen während einer Reise von Paris, wo er im Exil lebte, nach Hamburg verfasste. Auch das Exil zentraler Figuren des Kommunismus wie Karl Marx und Friedrich Engels ist zu nennen: sie begegneten sich nicht in Deutschland, sondern in Paris und setzten ihre gemeinsame Arbeit in Brüssel und später in London fort. Friedrich Engels’ Die Lage der arbeitenden Klasse in England zeigt zudem, wie entscheidend sein Aufenthalt jenseits des Ärmelkanals für seinen intellektuellen Werdegang war.
Im 20. Jahrhundert ist der Widerstand der Weißen Rose das Ergebnis einer anderen Form der Bewegung, die unauflöslich mit dem Zweiten Weltkrieg verbunden ist. Denn die ersten Flugblätter, die im Sommer 1942 verfasst wurden, beruhen auf den Erfahrungen, die Hans Scholl und Alexander Schmorell an der Front und in Militärlazaretten in Osteuropa gemacht hatten, wo sie mit den Schrecken des Zweiten Weltkriegs konfrontiert wurden. In der deutschen Nachkriegsgeschichte ist die Frage der Bewegung – oder ihrer Unmöglichkeit – eng mit der Geschichte der DDR verbunden. So entstehen neue Verbindungen zwischen Bewegung und „Exil“, ein Begriff, den der Komponist Wolf Biermann verwendet, um seine Ausbürgerung in die Bundesrepublik nach dem Entzug seiner ostdeutschen Staatsbürgerschaft zu beschreiben. Im wiedervereinigten Deutschland werfen zahlreiche Künstlerinnen und Künstler einen kritischen und oft engagierten Blick auf die Migrationspolitik des deutschen Staates – von den ersten Anwerbeabkommen im Rahmen der „Gastarbeit“ bis hin zu den Migrationsbewegungen der 2010er- und 2020er-Jahre. Dazu zählen auch Fatih Akın und Saša Stanišić – ein deutsch-türkischer Regisseur und ein deutsch-bosnischer Schriftsteller –, die sich gegen die „Fetischisierung“ ihrer Herkunft wenden und die den Begriff der nationalen Identität (Ruhe & Wortmann 2022, 1) hinterfragen. Im Zeitalter digitaler Plattformen wird Engagement auch in transnationalen digitalen Räumen neu verhandelt – in sozialen Netzwerken oder Online-Lesegemeinschaften (z. B. BookTok) –, in denen kurze Formate, Sichtbarkeitsalgorithmen und Aufmerksamkeitsökonomien sowohl die öffentliche Meinungsäußerung als auch die Vermittlung von Werken und die Figur des „engagierten Autors“ neu definieren (Gefen 2010 & Sporer 2019).
Kurz gesagt: Engagement und Bewegung gehen häufig Hand in Hand. Bewegungen können Engagement hervorbringen (Exil, Reise). Zudem verändern sie seine Formen und die Figur des engagierten Autors sowie den Raum engagierten Sprechens. In einer Zeit, in der erzwungene Migration ein nie dagewesenes Ausmaß(3) erreicht und digitale Räume neue Formen der Meinungsäußerung schaffen, wandelt sich das Verhältnis von Bewegung und Engagement grundlegend. Diese fruchtbare und vielfältige Beziehung möchten wir im Rahmen dieser journée d’étude untersuchen – weniger als bloßes biografisches Detail, sondern als Ausgangspunkt für Überlegungen zum Verhältnis von Engagement, Öffentlichkeit und jeder Art der Zirkulation, egal ob diese zeitliche oder geographische Grenzen überwindet.
Die beiden zentralen Begriffe sind bewusst weit gefasst. So beschränkt sich das Schreiben nicht auf Literatur, sondern umfasst auch philosophische, journalistische oder künstlerische Texte und berücksichtigt zugleich performative Umschreibungen wie Adaptionen literarischer Werke für Radio, Theater oder Film. Auch der Begriff der Bewegung umfasst verschiedene Mobilitätsformen, die sich zwar in einzelnen Aspekten unterscheiden, jedoch Gegenstand ineinandergreifender Diskurse sind (siehe dazu Bannasch, Bischoff & Dogramaci 2022). Dies kann dazu anregen, diese Kategorien aus einer interdisziplinären und vergleichenden Perspektive neu zu denken. Das Engagement kann wiederum unterschiedlicher Natur sein: politisch, sozial, ökologisch, feministisch, ethisch, ästhetisch usw. Unsere Definition dieses Begriffs ist offen gehalten, um seine Formen und Bedeutungen zu hinterfragen, ohne von vornherein ein einziges Modell des „engagierten Autors“ vorzugeben.
Während dieser Begriff in Frankreich besonders mit Jean-Paul Sartre und seiner Zeit verbunden ist (Benoît 2000, 17), verfolgen wir hier einen breiteren Ansatz, der nicht auf eine bestimmte Epoche oder einen geografischen Raum beschränkt ist, um historische und transnationale Zirkulationen sowie mögliche Bedeutungsverschiebungen besser erfassen zu können. Nach Denis Benoît impliziert ein solches Verständnis von Engagement die Verteidigung „universeller Werte“ und in der Regel den Widerstand gegen die zum Zeitpunkt der jeweiligen Äußerung herrschenden Mächte. Engagement wie auch Bewegung stellen somit eine strukturierende Dimension jedes Schreibens dar – insofern sie Entscheidungen hinsichtlich Form, Äußerungssituation und Adressatenkreis beinhalten. Ziel ist es hier, ihre Rolle in der Entwicklung einer Ästhetik zu untersuchen und damit die langfristigen Beziehungen zwischen Ästhetik und Politik in einem deutsch-französischen Kontext zu beleuchten. Unsere journée d’étude möchte „in der Zeit zurückgehen und untersuchen, auf welche Weise [Schriftstellerinnen und] Schriftsteller eine ‚engagierte‘ Konzeption und Praxis entwickeln wollten“ (Benoît 2000, 17-19).(4)
Alle Beiträge, die sich in diesen Rahmen einfügen, sind willkommen. Zur Orientierung schlagen wir dennoch drei thematische Schwerpunkte vor:
I. Räumliche Bewegungen und Ortswechsel
Dieser Schwerpunkt lädt dazu ein, Mobilität und ihre Gegenpole nicht getrennt, sondern zusammen zu betrachten: Verwurzelung, Grenzen, Bewegungsbeschränkungen, aber auch die Ebenen (lokalen, imperialen, transnationalen), auf denen sich eine Stellungnahme einfügt. Beiträge können sich somit unter anderem mit der Bedeutung der Grand Tour für die philosophischen Entwicklungen in der Aufklärung oder auch mit den Auswirkungen des Exils auf den Widerstand gegen den Nationalsozialismus (siehe insbesondere die von der Deutschen Nationalbibliothek zusammengestellte Sammlung Exilpresse), gegen die SED-Diktatur in der DDR oder gegen den Ständestaat in Österreich befassen. Vorstellbar sind auch Vorträge, die sich mit vergangenen oder gegenwärtigen transnationalen Solidaritäten befassen, wie den Protestbewegungen 1968 oder, in jüngerer Zeit, dem Kampf gegen den Klimawandel, wobei den materiellen und institutionellen Bedingungen, die diese Bewegungen ermöglichen oder verhindern, besondere Aufmerksamkeit geschenkt werden kann.
II. Mediale und ästhetische Verschiebungen
Beiträge können zudem den Medienwechsel engagierter Texte untersuchen: inwieweit beeinflussen die spezifischen Codes der Printmedien, des Radios, der sozialen Netzwerke, der Blogs oder der Comics das engagierte Schreiben? Gibt es umgekehrt Medien, die sich besser als andere für bestimmte Formen des Engagements eignen? Es sollte auch die engagierte Dimension interkünstlerischer Praktiken angesprochen werden: erleichtert die kreative Verbindung von Schrift, Bild und Ton die Vermittlung einer Botschaft oder verändert sie deren Reichweite, Rhythmus und Adressat? Schließlich kann betrachtet werden, wie sich die öffentliche Inszenierung von Autoren im Laufe der Jahrhunderte entwickelt hat: wie wandelt sich die zivilgesellschaftliche und mediale Stimme, welche Einrichtungen (Bühne, Tribüne, Plattform, kulturelle Institution) gestalten die Figur des engagierten Autors neu? Man kann die „digitalen Räume“ als eigenständige Orte der Zirkulation untersuchen, deren Sichtbarkeit, Adressierung und Zeitlichkeit neue Formen des Engagements hervorbringen.
III. Intellektuelle Verschiebungen
Engagiertes Schreiben ist nicht nur mit Veränderung verbunden. Es ist selbst eine Veränderung, denn es zielt darauf ab, einen als unbefriedigend empfundenen Status quo zu transformieren. Beiträge können daher untersuchen, inwieweit engagiertes Schreiben als Protestliteratur zu verstehen ist oder die Diskurse, Rahmenbedingungen und Institutionen analysieren, die engagierte Autoren zu verändern suchen, sowie die Ziele, die sie verfolgen. Manchmal, insbesondere im 18. und 19. Jahrhundert, sind engagierte Schriftsteller gezwungen, ihre Kritik zu verlagern, um der Zensur zu entgehen. Man kann daher Strategien untersuchen, die darin bestehen, ein kritisiertes Problem in eine ferne Region zu verlagern oder dieses durch verschiedene Verfahren, insbesondere Ironie oder Allegorie, zu verschleiern. Darüber hinaus bietet sich die Betrachtung von Verbreitungs- und Solidaritätsnetzwerken an – Exilzeitschriften, intellektuelle Kreise oder digitale Räume –, die es engagierten Autoren ermöglichen, ihre Praktiken an die neuen oder veränderten Umstände anzupassen. Schließlich lässt sich die Frage stellen, inwieweit das Engagement auf den Schriftsteller selbst zurückwirkt: Wie wandelt sich individueller Ausdruck in öffentliche und damit politische Verantwortung, und wie definiert dieser Übergang den Begriff des „Engagements“ selbst neu?
Die vom CERAAC (ILCEA4) geförderte journée d’étude ist offen für Vorträge in deutscher und französischer Sprache. Die Vorträge sollen 20 Minuten dauern und sind von einer 10-minütigen Diskussion gefolgt. Wir laden alle Kolleginnen und Kollegen ein, deren Forschungen in den Bereichen Literaturwissenschaft, Vergleichende Literaturwissenschaft, Geschichte, Kulturgeschichte oder Ideengeschichte sich direkt oder indirekt auf den deutsch- und französischsprachigen Raum beziehen, einen Vorschlag einzureichen. Vorschläge von Doktorandinnen, Doktoranden, Nachwuchswissenschaftlerinnen und Nachwuchswissenschaftlern sind herzlich willkommen.
Die Vortragsvorschläge (maximal 500 Wörter, plus Literaturverzeichnis) sowie eine kurze biografisch-bibliografische Notiz schicken Sie bitte bis zum 7. Juni 2026 per E-Mail an folgende E-Mail-Adressen:
- Alice Lacoue-Labarthe, CERAAC (alice.lacouelabarthe@univ-grenoble-alpes.fr)
- David D. Reitsam, CERAAC (david-dominik.reitsam@univ-grenoble-alpes.fr).
Wir freuen uns auf ein Treffen in Grenoble.
Herzliche Grüße
Alice Lacoue-Labarthe, Juliette Rupp und David D. Reitsam
Eine kleine Auswahlbibliographie
Amblard, Marion & Montègre, Gilles (Hg.), S’affranchir du Grand Tour. Les voyageurs européens à la découverte de l’Europe (fin XVIe siècle – milieu XIXe siècle), Paris, Éditions Le Manuscrits 2025.
Bannasch, Bettina, Erinnern und Erzählen. Der Spanische Bürgerkrieg in der deutschen und spanischen Literatur und in den Bildmedien, Tübingen, Narr, 2005.
Bannasch, Bettina & Rochus, Gerhild (Hg.), Handbuch der deutschsprachigen Exilliteratur. Von Heinrich Heine bis Herta Müller_, Berlin/Boston, De Gruyter, 2013.
Bannasch, Bettina, Bischoff, Doerte & Dogramaci, Burcu (Hg.), E_xil, Flucht, Migration. Konfligierende Begriffe, vernetzte Diskurse? (Exilforschung, Bd. 40/2022), Berlin/Boston, De Gruyter, 2022.
Barthes, Roland, Essais critiques, Paris, Seuil, 1981.
Becker, Sabina & Bauer, Fabian (Hg.), Weimar im Exil, Die Kultur der Republik am Pazifik, München, edition text + kritik, 2021.
Benay, Jeanne et Lajarrige, Jacques, Littérature de voyage. Regards autrichiens sur le monde, Austriaca n°62 (2006).
Benoît, Denis, Littérature et engagement de Pascal à Sartre, Paris, Seuil, 2000.
Betz, Albrecht, Exil und Engagement. Deutsche Schriftsteller im Frankreich der dreißiger Jahre, München, edition text + kritik, 1986.
Bosch, Aida & Kley, Antje (Hg.), Literatur und mediale Öffentlichkeiten. Orientierende Fallstudien, Berlin/Heidelberg, J.B. Metzler, 2025.
Brecht, Bertolt, Fünf Schwierigkeiten beim Schreiben der Wahrheit, in ibid.: Werke. Band 22. Schriften 2, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1993, S. 74-89.
Brokoff, Jürgen, Geitner, Ursula & Stüssel, Kerstin (Hg.), Engagement: Konzepte von Gegenwart und Gegenwartsliteratur, Göttingen, V&R Unipress, 2016.
Bolbecher, Siglinde & Kaiser, Konstantin (Hg.), Lexikon der österreichischen Exilliteratur, Vienne et Munich, Deuticke, 2000.
Doll, Jürgen (Hg.), Jean Améry (1912-1978). De l’expérience des camps à l’écriture engagée, Paris, L’Harmattan, 2006.
Durand-Le Guern, Isabelle (Hg.), Roman et politique. Que peut la littérature ?, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011.
Eke, Norbert Otto (Hg.), Vormärz und Exil, Vormärz im Exil, Bielefeld, Aisthesis, 2005.
Ernst, Thomas, Literatur und Subversion. Politisches Schreiben in der Gegenwart, Bielefeld, transcript, 2014.
Gefen, Alexandre, « Ce que les réseaux font à la littérature. Réseaux sociaux, microblogging et création », Itinéraires. Littérature, textes, cultures, 2010-2, 2010, S. 155–166 (doi: 10.4000/itineraires.2065).
Hoock-Demarle, Marie-Claire, Bertha von Suttner 1843-1914. Amazone de la paix, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2014.
Israel, Jonathan I., Radical Enlightenment. Philosophy and the making of modernity 1650-1750, Oxford University Press, 2001.
Jacob, Margaret C., The Radical Enlightenment. Pantheists, Freemasons and Republicans, London (et al.), Allen & Unwin, 1981.
Leibetseder, Mathis, Die Kavalierstour. Adlige Erziehungsreisen im 17. und 18. Jahrhundert, Cologne, Böhlau (et al.), 2004.
Lubkoll, Christine, Illi, Manuel & Hampel, Anna (Hg.), Politische Literatur. Begriffe, Debatten, Aktualität, Stuttgart, J.B. Metzler, 2019.
Meizoz, Jérôme, Postures littéraires. Mises en scène modernes de l’auteur, Genf, Slatkine Érudition, 2007.
Oster-Stierle, Patricia et al. (Hg.), Europe en mouvement (tome 1). À la croisée des cultures, Paris, Hermann, 2018.
Ruhe, Cornelia & Wortmann, Thomas, “Jenseits des Bindestrichs”, Die Filme Fatih Akıns_. Leiden, Niederlande, Brill Fink, 2022, https://doi-1org-1vwuexuzr0582.erf.sbb.spk-berlin.de/10.30965/9783846766545002 Web.
Sapiro, Gisèle, Les écrivains et la politique en France. De l’Affaire Dreyfus à la guerre d’Algérie, Paris, Seuil, 2018.
Sartre, Jean-Paul, Qu’est-ce que la littérature ?, Paris, Gallimard, 1985 (1948).
Sporer, Elisabeth, Inszenierung von Autorinnen und Autoren im Internet am Beispiel von Autorenhomepages, Baden-Baden, Tectum Wissenschaftsverlag, 2019.
Union européenne (Hg.), Louise Weiss: Itinéraire d’une Européenne, Luxemburg, Office des publications de l’Union européenne, 2022.
Fußnoten
(2) Der Begriff déplacement, der in der französischen Originalversion eine zentrale Rolle spielt, ist schwierig ins Deutsche zu übersetzen. In verschiedenen Kontexten drücken verschiedene deutsche Wörter die mit déplacement verbundene Idee genauer aus. Daher haben wir aus Gründen der besseren Verständlichkeit verschiedene Übersetzungen gewählt.
(3) Der UNO-Flüchtlingshilfe zuhilfe hat die Zahl der Geflüchteten 2024 ein Rekordniveau erreicht und sank Anfang 2025 minimal, siehe https://www.uno-fluechtlingshilfe.de/informieren/fluechtlingszahlen, aufgerufen am 31. März.
(4) Originaltext: « remonter dans le temps et examiner de quelle façon des écrivains ou des hommes de lettres ont voulu développer une conception et une pratique ‘engagées’ ».
Beitrag von: David Dominik Reitsam
Redaktion: Ursula Winter